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Raid
Saint-Georges de Montaigu - Saint Blancard - 2006
Récit du raid de 500 km par
Nathalie et Christian
Nous décidons de participer au Raid 500km de nos amis Alain Braire
et Ludovic Mignaut. Raid dont le départ se fait à Saint-Georges
de Montaigu près de Nantes et l'arrivée à Saint-Blancart,
le fief de José Ortéga. Un posé obligatoire chez
Aéroptère à Angoulême, chez Pierre Dabreteau.
Nous avons choisi de participer avec un moteur 4 temps et des réservoirs
de 60 litres, nos ailes sont des ITV bi-turquoise de 38m².
Une préparation intense est faite
depuis le mois juin, nous sillonnons notre Wallonie dans tous les sens
avec des tests de consommation et de vitesse, nous avons une idée
derrière la tête, on ne va pas y aller pour faire de la
figuration
Jeudi 19 grand départ de Stave,
équipés comme des pros, mobilhome avec remorque pour Nathalie
et Marc, voiture et remorque pour Christian et David. Huit cent bornes
à se taper jusque Saint-Georges de Montaigu pour prendre le départ.
Cà y est, nous sommes arrivés, accueillis par Alain et
Ludo les organisateurs. Nos machines sont le point d'intérêt
de tout le monde, et les questions fusent, combien ça consomme,
quelle est votre autonomie, combien de poussée, mais le plus
étonnant c'est le peu de bruit que dégagent ces machines.
Allez hop Nath, on se fait un petit vol de démonstration. Nous
t'en qu'on vole !
Vendredi soir les pilotes arrivent de tout côté et sont
sous la grêle ! Les orages éclatent de partout, des grêlons
comme des balles de golf jonchent le sol, ça promet pour demain
!!!
Une ribambelle de Belges, d'Anglais, de Gabonais viennent accroître
les quarante pilotes déjà inscrits, ce qui fait que nous
sommes maintenant une soixantaine.
Samedi le grand jour. La tension est
palpable, avec une manche à air qui semble nous narguer en restant
indéniablement à l'horizontale battant de gauche a droite.
Quelques irréductibles décident
quand même de se mettre en l'air défiant les rafales et
le ciel menaçant, comme pour conjurer le sort qui nous est réservé.
Fin d'après midi briefing, le départ sera donné
à 17h30 quoi qu'il arrive.
17h30 avec un vent fort et de fameuses
bourrasques (l'atlantique n'est pas loin), les premiers pilotes se mettent
en place. C'est fou ce que des pilotes confirmés peuvent rater
des décollages !
Mais la détermination aura le
dernier mot, et la valse commence ou plutôt les montagnes russes,
une fois je monte, une fois je descends, puis a gauche ensuite a droite,
y en a surement qui doivent serrer les fesses.
Et nous avec nos gros engins et nos
voiles de 38m², une première tentative, et en moins de temps
qu'il ne faut pour le dire, l'aile est passée de l'arrière
à l'avant. Conseil de l'assistance ''freine ta voile plus tôt'',
deuxième essai l'aile monte à droite et retourne le chariot.
Ce n'est quand même pas un vent à 25 km/h qui va nous empêcher
de partir quand on en a envie ! Alors on va y mettre le paquet, les
deux assistants Marc et David vont tenir le chariot pendant que je monte
ma voile, mais là encore une rafale nous embarque et retourne
le chariot. Il faut se résigner, après ces tentatives
infructueuses, nous décidons d'attendre que les conditions se
calment.
Nous regardons l'âme en peine décoller la majorité
des candidats. Le vent ne tombera pas et nous postposons notre départ
au lendemain matin, levé du soleil moins trente minutes.
Dimanche 5 h du matin nous sommes debout, nous déjeunons et préparons
les machines et les ailes pour décoller à la première
lueur. A 6h15, 85QL et 85QM (immatriculation oblige) sont alignés
côte à côte pour le départ vers la grande
aventure.
Voilà les moteurs tournent, y
a même un photographe qui s'est levé tôt pour immortaliser
le décollage.
Le vent est tombé, il est de
côté légèrement arrière, le bonheur
d'être enfin en l'air. Montée en altitude 400 m pour Nath
et 800 m pour Christian, un contact radio avec les assistants. Christian
remarque que la vitesse à 800 m est de 58 voir 65 km/h dans du
coton trims relâchés, Nath le rejoint, ça vole plus
vite plus haut, instructions aux assistants, filer vite a Angoulême.
Déjà Niort en vue, et trois paramotoristes en dessous
de nous, des pilotes partis la veille au soir, ça nous donne
un moral d'enfer. En plus on flirt avec une fine couche nuageuse, le
bonheur, rien à voir avec le fichu temps d'hier soir. On ne battra
pas de record, mais le plaisir a un prix, celui de la raison.
A Angoulême l'équipe de
Pierre est prête à nous accueillir et son portable n'arrête
pas de vibrer dans sa poche. C'est Marc, bien connu sur tous les rallyes
en France, qui prévient qu'il arrive au terrain et que Nathalie
et Christian sont tous les deux à 10 km dans deux chariots à
grosse motorisation.
A 9h27 nous nous posons sur le terrain d'Aéroptère, mot
de passe à relever avant de partir. Les assistants remettent
20 litres d'essence, pas nécessaire pour rallier Saint-Blancard,
mais pour ajouter du poids afin de gagner quelques km/h. Petite dégustation
préparée par l'équipe de Pierre et fin prêt
pour la deuxième étape.
Quelques badauds admirent les machines et la taille du réservoir
additionnel du paramoteur de Christian ainsi que le siège réservoir
de Nathalie.
Il faut se mettre en route pour la deuxième
étape, il est 10h15, le vent nous fait des misères pour
repartir, et la chaleur commence aussi. On est obligé de pousser
les machines dans le champ moissonné de l'autre côté
de la piste à cause d'un vent de travers.
La sortie de la cuvette d'Angoulême est chahutée les thermiques
commencent, il faut absolument prendre de l'altitude, plus de 1.000m
pour retrouver des couches plus calme. Au bout d'au moins une heure
de bataille avec les dégueulantes, 1.300 m au vario, c'est bon
on relâche les trims et ça file vers St-Blancard.
Il reste près de 250km à couvrir, vu la chaleur, je crois
qu'on va déguster. L'assistance au sol est mise à rudes
épreuves aussi, fini les routes nationales, rien que de petites
départementales sinueuses.
Pour nous là haut, pas de soucis, un petit contact radio de temps
en temps question de faire passer le temps. Il est 15h00 au loin des
petits cumulus commencent à bourgeonner, voilà ils sont
là. Nath vole un peu plus bas 500 m et dit plus un mot, Christian
est encore a 1.000m, premier petit bourgeon, tiens ça bouge un
peu, ils sont de plus en plus nombreux, et si je passe entre deux, ouf
ça bouge aussi, va falloir s'accrocher un peu aux freins. Un
appel de Nath en radio, ça ce passe comment là haut ?
- Réponse du berger à la bergère heu ça
bouge un peu je crois que je vais descendre près de toi.
- Nath non monte au dessus de la couche des cumulus, je vais allez te
rejoindre, si je sais.
- Chris je sais pas si c'est une bonne idée, ça bouge
de plus en plus.
- Nath ok descend je crois qu'on va se poser, ici c'est la cata.
- Chris essaie de trouver un endroit pour te poser, j'en peux plus,
je vois mon aile une fois devant moi une fois derrière, j'ai
l'impression d'être un yoyo.
Un endroit pour se poser, oui, mais on est dans le Gers, et ce n'est
pas vraiment plat ici.
Voilà un beau terrain fraichement labouré et en pente
(d'en haut ça paraissait pas mal pourtant), enfin on est sur
le plancher des vaches, avec un posé face à face, toute
façon y a pas de vent.
Pas de vent non, mais quelle chaleur 40°, vite prévenir l'assistance
en donnant notre point GPS, ils sont au moins a 1h00 d'ici.
Vite un peu d'ombre, et se rassurer qu'on a bien fait de se poser. Dommage
a 50 km du but, mais les frayeurs ont étés plus fortes
que notre courage.
Voilà l'assistance avec des boissons fraîches, et évidement
des commentaires, vous vous êtes posés dans un trou perdu
c'est le bout du monde ici, la route est même pas sur la carte.
Maintenant il faut faire le point, impossible de repartir avant au moins
18h00. Consultation des cartes, c'est alors que Nathalie, voit qu'on
est qu'a 10 km de Saint-Puy ou elle a de la famille, mais il faut reculer
de 10 km, enfin c'est mieux que de rester en pleine chaleur.
Aussitôt dit aussitôt fait, tous en route pour Saint-Puy,
accueil chaleureux, boissons fraîches, petite restauration et
petit repos bien mérité, on est debout depuis 5h00 du
matin.
Sans le savoir nous avons doublé pas mal de concurrents partis
la veille, ils sont dispersés dans la nature entre Angoulême
et St-Blancard, certains à la recherchent de carburants.
Il est 18h00, c'est le moment de se
remettre en route pour finir ce fameux raid, ils nous restent 60 bornes
à parcourir. Démo et quelques 360 au dessus de nos accueillants,
et c'est reparti pour environ une heure de vol. Déjà Auch
se profil au loin, contour de la ville, dans le lointain on distingue
le fameux lac de St-Blancard. Ah oui se souvenir de l'intégration
au terrain, virage au dessus du lac et le terrain est face à
nous, pas de problème pour se poser, y a plus un pet de vent.
Comme des pros on fait un attero plein milieu de la piste, un roulé
de 100m pour venir déposer nos voiles aux pieds des organisateurs.
Evidement sous les applaudissements du publique, nous sommes quand même
les premiers à avoir fait le raid en chariot et en une seule
journée. Un superbe trophée nous sera remis pour notre
exploit.
Le premier concurrent est arrivé
à Saint-Blancard dimanche à 9h15.
La dernière équipe était attendue jeudi dans la
journée.
Nous sommes restés quelques jours sur place, pour savourer ce
fabuleux coin aux pieds des Pyrénées, sans se lasser de
partager les émotions procurées par cette inoubliable
aventure.
Grand merci aux organisateurs.
A quand une telle organisation chez
nous
.

 
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